22 novembre 2005

Monarchie sociale

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Article de Jean-Philippe Chauvin du 19 novembre 2005 publié sur son blog.

Source: http://u-blog.net/jpchauvin

L'économie française ne crée plus d'emplois constatait Le Figaro il y a quelques jours : cela n'est guère rassurant , car cela signifie que le travail précaire se renforce au détriment des métiers enracinés et des emplois stables. Le triomphe du nomadisme industriel se marque par des délocalisations de plus en plus fréquentes et des drames sociaux qui touchent directement ou indirectement, de plus en plus de familles et de personnes. Certains, au nom du " libre marché " s'en satisfont en comptant sur l'autorégulation de l'économie : c'estt faire preuve d'un grand optimisme, pas exactement confirmé par les faits jusqu'à présent.

Une monarchie sociale ne laisserait pas faire les seules forces du marché, ne serait-ce que pour une simple  raison : la monarchie qui repose sur la transmission familiale, sur le caractère le plus naturel de la condition humaine ( la naissance au sein d'une fammille ) , peut résumer son éthique sociale par la formule " l'économie doit être au service des hommes et pas l'inverse ". Cela signifie que la monarchie, dont le principal devoir est d'assurer la protection ( diplomatique et militaire, comme économique et sociale ) du pays  et de ses habitants ne peut accepter que l'économique s'impose au politique et néglige ses obligations sociales premières.

Cela veut-il dire que la monarchie ne respecterait pas la  " liberté économique " et imposerait une dictature étatiste ? Bien sûr que non, mais il s'agit pour l'Etat monarchique de faire respecter, par l'action déterminée et raisonnée de ses institutions, conseils et organes, les grandes valeurs humanistes et personnalistes ( au sens premier du terme, fort distinct de l'individualisme propre à l' idéologie libérale )  et l'intérêt commun de notre pays et de ces citoyens.

Mais comment faire ? Sans doute l'une des premières tâches de la monarchie sociale sera t-elle d'impulser une grande politique d'aménagement du territoire et d'une " relocalisation " des activités productives  ( y compris dans le domaine agricole, qui peut s'avérer très intéressant au regard des nouvelles tendances alimentaires et énergétiques ) : il n'est pas à négliger que la France dispose d'un vaste territoire doté d'un réseau complet de voies de communications et de transports, et d'un maillage communal qu'il serait dommage de ne pas mettre en valeur. Plutôt que délocaliser les entreprises à l'étranger, il s'agirait par une politique d'incitation fiscale ou financière plus audacieuse que celle d'aujourd'hui, de les maintenir sur niotre territoire, et pas seulement dans les grands centres urbains aux loyers trop élevés ( en particulier pour les populations ouvrières ). Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres propositions : ce ne sont pas les idées qui manquent en France, mais la volonté politique pour les mettre en pratique, pour bruiser un certain nombre de carcans administratifs inadaptés aux enjeux contemporains  et " pour faire bouger les lignes "...

La monarchie serait non une fracture, mpais une rupture avec la politique de Démission propre à l'Etat actuel. Sans doute devrait-elle prendre des risques, mais la monarchie " active " à la française,  n'a pas vocation à l'immobilisme et à la facilité, et ce sera particulièrement vrai dans les premiers temps de " l'instauration monarchique ". Face à la globalisation et au néo-nomadisme industriel et financier, la Monarchie, de par la continuité inscrite dans son principe dynastique, peut " parler de plus haut " et " agir " , non contre les forces économiques, mais au delà des féodalités financières.

Dans l'Histoire de notre pays, l'Etat royal a montré maintes fois et parfois contre le cours même  de l'idéologie dominante ( hier religieuse, aujourd'hui économique ), ses capacités d'adaptation et d'action :c'est d'ailleurs ainsi, qu'il a fondé la France, qui n'était pas encore une évidence au Moyen-âge, et qu'il a forgé sa puissance. La Monarchie pour réussir son instauration populaire se devra d'être sociale. Les Français ne lui pardonnerait pas de renoncer à sa principale mission, à ce qui peut fonder une nouvelle légitimité : la justice sociale.

Posté par Haffner G à 22:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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