01 décembre 2005

Les communistes condamnés à la surenchère, l'autisme, stade suprême du communisme

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Article de Clovis Barbier publié le 29 novembre 2005 sur le site vox-nr.com

Source : http://www.voxnr.com

Le Parti communiste français tente de s'arroger le statut d'opposant à la gestion  gouvernementale de la crise des banlieues. Le tout en pure perte, le PCF se coupant ainsi toujours plus des milieux populaires.

Au Parlement, l'opposition à la gestion gouvernementale qu'il est convenu d'appeler " la crise des banlieues " est surtout le fait des communistes et des écologistes. Loin d'être une opposition critique ( UDF ) ou inconsistante ( PS passant d'un soutien critique  à un discours d'opposition plus frontale ), ces deux oppositions sont plus virulentes et portées à la surenchère.

Les verts et les communistes en concurrence sur le terrain du sarkozysme

La position des Verts n'est en soi, pas étonnante. Libéraux et libertaires, les Verts ne peuvent que vitrioler " un gouvernement raciste " ( Martine Billard ) , qui cherche " à aller plus vite dans l'enfermement et la criminilisation d'une partie de notre jeunesse " ( Noël Mamère ) et aux prises avec " l'histoire colonialiste de la France qui ne passe pas " ( Dominique Voynet ), " Les Français n'ont pas digéré l'Algérie ni la décolonisation, les Français sont toujours dans l'état d'esprit de civiliser les populations " estime quant à elle Djamila Sanzogni.

L'attitude commubiste elle, laisse plus songeuse. Un petit rappel pour justifier notre laissez-aller : Au début des années 1980, la mairie communiste fait raser un foyer de travailleurs immigrés. A Montigny-les-Cormeilles, le maire, un certain Robert Hue, organise une manifestation contre une famille marocaine accusée de trafic de drogue. On se souvient d'une barrière barrant l'entrée de la cité Maurice Thorez d'Ivry-sur-Seine à la fin des années 1990, et clamant que la cité était interdite aux revendeurs de drogue. Ce fut un temps où le PCF n'hésitait pas a avoir un discours ferme et sans équivoque sur les questions de sécurité ou d'immigration clandestine. Ce discours sans concession s'accomodait très bien de l'antiracisme officiel et de l'internationalisme du parti.

Les mutations économiques et sociologiques, et surtout l'emprise sur le débat d'un discours politiquement correct, ont contribué non seulement au déclin du PCF, mais surtout à l'abandon d'un discours de gauche patriote et populaire, mâtiné de conservatisme sur les questions de société. Qui aura le malheur de vouloir le porter ( tel Chevénement )  en sera pour ses frais.

Courant après une prétendue modernité, pris de bougisme, le PCF huiste puis buffiste a lui même renié ce discours, comme l'a déclaré André Gérin à la Revue-Républicaine : " Au nom de l'union de la gauche, dont nous avons fait un véritable dogme, nous avons perdu le fil du combat pour la nation. Ce combat demeure largement d'actualité " ( Revue-Républicaine, 15 janvier 2005 ) . Il est ainsi singulier que la revue communiste Regards ait été confiée à Clémentine Autain, plus familière des questions sociétales que des soucis des milieux populaires.

La réaction des instances du parti au déferlement de violence paraît être mue par la démagogie jeuniste et le calcul politique à courte vue. La Secrétaire nationale a ainsi demandé la démission de Nicolas Sarkozy, tête de Turc des " jeunes " : espérait-elle ainsi avoir les honneurs des Guignols de l'Info ? Si le refus de stigmatisations des populations vivant dans les quartiers touchés par les émeutes et légitime, comment justifier la violence des jeunes émeutiers ? Marie-Georges Buffet aurait-elle oublié ses cours de marxisme à l'école des cadres ? Se souvient-elle du passage du Manifeste sur la notion de Lumpenprolétariat, " ce produit passif de la pourriture des couches inférieures de la vieille société ( qui ) peut se trouver, çà et là, entraîné dans le mouvement par une révolution prolétarienne ( mais dont les ) conditions de vie le disposeront plutôt à se vendre à la réaction " ( autrement dit à la forme mafieuse du capitalisme financier ) ?

Colmater avec de la démagogie les voies d'eau du navire PCF

Le PCF caresse dans le sens du poil une clientèle dont il devrait savoir qu'elle ne votera sans doute pas pour lui. Il en oublie du même coup les véritables victimes des émeutes, les locataires de HLM qui ont dû se serrer la ceinture pour acheter leur automobile, sacrifiée sur l'autel de la révolte. Sentant sans doute que le PCF se fourvoyait, l'éditorialiste de l'Humanité, Patrick Le Hyaric a dénoncé le 17 novembre " les inacceptables violences et destructions " dans les banlieues, soit deux semaines après avoir publié sous le titre " un ministre populiste ", les propos de Nicolas Sarkozy.

S'accrocher à tout prix à des miettes de pouvoir

Les motifs du refus par le PCF de l'état d'urgence trahissent indéniablement sa tactique de conservation de ses dernières places fortes. Via la CGT ou son réseau associatif, le PCF était parvenu à entraîner dans son sillage une partie de la population ouvrière immigrée. L'Amicale des Algériens de France, emblématique de cette politique d'encadrement, est aujourd'hui dissoute. Incapable de susciter un tel encadrement, les communistes en sont réduits à courir après les mouvements politiques altermondialistes et à s'appuyer sur des figures communautaires pour conserver leurs assises municipales. Le MRAP est passé ainsi de courroie de transmission du parti à un groupe de pression communautariste sur le PCF, plus sensible à l'islamophobie qu'à la judéophobie.

Autrefois tout puissant dans les banlieues rouges, chef d'orchestre d'une contre-société, le PCF en est donc réduit à fermer les yeux sur la montée du communautarisme, sur la progression de l'islam radical, et à contribuer à l'achat de la paix sociale en ignorant les menées de certains gros délinquants. L'enjeu est de taille, car les dernières municipales ont été impitoyables. Le PCF a perdu des villes symboliques( Argenteuil, La Seyne, Nîmes, Drancy )  et dans ses fiefs, il a du faire face  à la percée des écologistes et de l'ultra-gauche ( Ivry-sur-Seine ou Nanterre ) . Or, l'influence communiste résiduelle repose sur le pouvoir municipal : les maires font des candidats solides aux législatives, les ressources municipales servent à subventionner des associations proches du parti ou a financer l'Humanité par une généreuse politique d'abonnement, les services municipaux constituent les bataillons du militantisme local. Et les Verts rêvent d'ailleurs de supplanter le PCF dans les quartiers populaires, afin d'asseoir définitivement leur statut d'allié privilégié des socialistes.

Voilà pourquoi les communistes font de la surenchère, sans comprendre qu'il perdent là le peu de crédit qu'il leur restait chez les ouvriers et les employés. Ceux là ont laissé depuis longtemps le PCF  à son agonie pour aller grossir les rangs du FN. La rupture attendue par les Français, c'est que le discours patriote, populaire et social revienne au centre des politiques nationales. Si cette rupture se produit, elle se fera notamment par la liquidation d'un Parti communiste définitivement autiste.

Posté par redekkeryann à 22:44 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires sur Les communistes condamnés à la surenchère, l'autisme, stade suprême du communisme

    L'UMP, un parti de champion.

    Ecrit par le petit Nicolas Sarkozy, ou par un nègre de passage :

    « Que disait-on il y a deux ans quand je suis arrivé au ministère de l'Intérieur ? "Il va jouer au superflic. Les banlieues vont s'embraser." Résultat : il n'y a pas eu de révolte et la criminalité a baissé sensiblement. », par Nicolas Sarkozy : La République, les religions, l'espérance (2004).

    Court-Circuit.

    Posté par Court-Circuit, 01 décembre 2005 à 22:59 | | Répondre
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